Table Ronde

 

« À la recherche des identités gravettiennes »

Actualités, questionnements et perspectives.

 

Université de Provence,

Maison Méditerranéenne des Sciences de l’Homme

5 rue du Château de l’Horloge, BP 647

13 094 Aix-en-Provence Cedex 2

 

6-7-8 octobre 2008

 

 

 

Comité d’organisation :

 

Nejma GOUTAS

Damien PESESSE

Université d’Aix-Marseille

CNRS, UMR-6636, LAMPEA

MMSH, 5 rue du château de l’Horloge

BP 647

13 094 AIX-EN-PROVENCE Cedex 2

 

Patricia GUILLERMIN

Université de Toulouse-Le Mirail

UMR 5608, TRACES

MDR, 5 allée Antonio Machado

31 058 TOULOUSE Cedex 9

 

Laurent KLARIC

CNRS, UMR-7055, PRETEC

MAE, 21 allée de l’Université

92 023 NANTERRE Cedex

 

 

Depuis les derniers grands colloques UISPP des années 70 dédiés aux complexes « Aurignacien, Périgordien et Gravettien », presque aucune manifestation d’envergure n’a été consacrée au Gravettien en France. Ces trente dernières années, de nombreuses recherches ont, en effet, principalement concerné d’autres phases du Paléolithique supérieur comme l’Aurignacien et le Magdalénien. Or, durant la dernière décennie, les études portant sur le Gravettien ont connu un renouveau important dont la communauté a pris acte à l’occasion de la table ronde internationale organisée par J.-Ph. Rigaud en juillet 2004 aux Eyzies-de-Tayac. En France et plus largement en Europe, ce regain d’intérêt est lié d’une part à la fouille de plusieurs nouveaux gisements gravettiens dans le cadre d’interventions préventives et programmées, et d’autre part à un développement des études réalisées, pour beaucoup, à l’Université, mais aussi à l’INRAP, au CNRS, dans les musées nationaux et enfin les différents Services régionaux. La relecture de séries anciennes et de celles issues de fouilles récentes apportent donc des éclairages inédits sur les sociétés gravettiennes et permettent d’apporter de nouveaux éléments de réflexion quant aux problèmes d’interprétation qui se posèrent durant la seconde moitié du XXème siècle (polymorphisme des industries, culture pan-européenne, filiation de certains faciès, émergence de la culture gravettienne, etc.).

La caractérisation des comportements techniques et économiques gravettiens constitue actuellement le coeur de ce renouveau. Ces nouvelles données modifient l’image parcellaire et souvent stéréotypée de cette « culture » du Paléolithique supérieur ancien. Pour une large part, notre compréhension repose toujours sur des bases issues de l’approche typologique des industries lithiques et le Gravettien apparaît ainsi souvent comme une succession de faciès dont ni la nature ni les relations qu’ils entretiennent ne sont clairement établies. Si lors de la table ronde des Eyzies de 2004 l’accent a été mis sur un état des lieux du Gravettien à l’échelle de l’Europe, nous souhaitons, à travers cette nouvelle table ronde, proposer une vision plus resserrée de la question en nous concentrant sur les données du Gravettien en France et dans ses régions limitrophes (Belgique, Sud de l’Allemagne, piémont pyrénéen espagnol et Italie). L’objectif de cette rencontre est donc de reconsidérer la « culture gravettienne » de ce territoire restreint sur des bases nouvelles et dans une perspective interdisciplinaire. Nous nous efforcerons également de proposer des pistes de réflexion permettant de redéfinir ces populations préhistoriques de manière plus dynamique. Dans la mesure du possible, ces nouveaux résultats seront confrontés aux « anciens modèles » hérités d’une longue et complexe historiographie.

Il s’agira, par le biais de la caractérisation des systèmes techniques, de restituer les champs d’activités des Gravettiens dans leurs déroulements, leurs agencements les uns par rapport aux autres et leurs finalités. L’objectif est d’appréhender à la fois la diversité et la permanence des savoir-faire gravettiens, tout en considérant la question de la complémentarité des différents systèmes techniques. Cependant, l’état actuel de la connaissance du Gravettien implique de mettre en perspective les données de manière à faire émerger les spécificités de chaque système, d’un point de vue synchronique et/ou diachronique.

De cet état des lieux, il sera possible de mettre en lueur aussi bien les progrès récents que les lacunes qui restent à combler. Finalement, nous souhaitons également centrer la discussion sur les questionnements concernant la nature des «faciès » gravettiens et de fait sur la nature même de ce que l’on peut appeler le « phénomène gravettien ». Quels sont les apports de la technologie ? La compréhension du Gravettien s’en trouve-t-elle modifiée, et comment ? Qu’entendons-nous actuellement par Gravettien ? Quelles réalités cela recouvre-t-il ?

 

Pour explorer ces différentes questions, nous proposons quatre thèmes autour desquels pourront se focaliser des communications de 20 à 30 minutes maximum :

 

1 - Economies gravettiennes : gestion, acquisition et exploitation des ressources minérales et animales dans une perspective de fabrication et/ou de consommation.

Outre le besoin prégnant de combler une lacune certaine dans la connaissance des comportements techniques gravettiens, il nous semble important de mettre l’accent sur les spécificités inhérentes à ce techno-complexe. En effet, certaines variabilités posent question et font écho à l’interprétation d’un « polymorphisme » évoqué par nos prédécesseurs. Il semble alors nécessaire de recontextualiser les données recueillies (contexte environnemental, indices de fonctionnalité, etc.) afin d’alimenter les discussions autour de l’interprétation de ces variabilités.

 

2 - Chronologies et sériations : la question des productions (au sens large) dans une perspective diachronique.

À travers ce thème, il s’agira de discuter en quoi les technologies lithique et osseuse (notamment dans leurs récentes évolutions et applications) nous permettent-elles de repenser la chronologie du Gravettien. Dans quelles mesures les sériations chronologiques que nous établissons sont-elles le reflet de la réalité préhistorique ou celui d’un découpage plus ou moins arbitraire ? Peut-on en évaluer le degré de pertinence ? Que signifient les changements et les inerties observés ? Comment prendre en compte ces deux tendances en termes d’évolution des comportements technoéconomiques et donc de sériations chronologiques ?

 

3 - Identités gravettiennes : anthropologie physique, pratiques funéraires, artistiques, caractères identitaires des productions techniques.

Dans quelles mesures la flexibilité et le polymorphisme des normes de productions et des types d’objets produits peuvent-il nous renseigner sur l’identité d’un groupe ? L’identification d’une norme identitaire est-elle nécessairement synonyme d’une codification stricte des systèmes de production ? A contrario, la variabilité pourrait-elle être la « norme » ? À travers ce thème pourront aussi être évoqués les éventuels recoupements, concordances ou divergences qui peuvent exister transversalement aux différents champs d’études concernés.

 

4 - Nouvelles données de terrain : Présentation de sites récemment fouillés ou inédits.

L’objectif de ce dernier thème est d’exposer des données récentes issues de nouveaux travaux de terrain même si ces derniers sont encore parfois préliminaires. Il s’agira surtout de présenter ces informations inédites en expliquant en quoi elles vont pouvoir alimenter certains thèmes de réflexion développés dans la table ronde. L’intérêt est de promouvoir ces travaux novateurs et de permettre une meilleure circulation de l’information de manière à favoriser les échanges et discussions entre collègues d’horizons variés.

 

 

Pour toute question :

tablerondegravettien08@yahoo.fr

 

 

Frais d’inscription : Statutaire: 40 € / Non statutaire : 20 €

 

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